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Evénements FNEGE

14/04/2015

7ème édition du Prix académique de la Recherche en Management

Et les lauréats sont…

Le Prix Académique de la Recherche en Management récompense les meilleures publications de recherche appliquée sur le management de l’entreprise et les déterminants de sa croissance et de sa pérennité, ainsi que le meilleur ouvrage de management de l’année. Pour cette 7ème édition le prix, en atteignant l’âge de raison, est surtout devenu une référence dans le monde académique, plébiscité par les chercheurs en sciences de gestion qui  considèrent son obtention comme un véritable tournant dans une carrière. Cette année, ce sont près de 130 chercheurs qui ont participé au Prix. Ce jeudi 9 avril 2015, a eu lieu la remise des prix dans 5 catégories plus un prix coup de cœur du jury. Les 6 nouveaux lauréats 2014 sont :

  • Catégorie : Finance & Stratégie : José-Miguel GASPAR, ESSEC Business School
  • Catégorie : Marketing/ Sciences de la décision : Stefan WORM, HEC Paris
  • Catégorie : Opérations, gestion, contrôle : SHIRISH C.SRIVASTAVA, HEC Paris
  • Catégorie : Management/ RH : Joël BOTHELLO, ESSEC Business School
  • Coup de cœur du Jury : Sybille PERSSON, ICN Business School
  • Catégorie meilleur ouvrage de management : Jean-Philippe DENIS, Université Paris Ouest Nanterre la Défense 
Après, des ateliers de coworking passionnants avec les chercheurs et les consultants en management présents, qui ont permis de mettre en exergue les 3 tendances et innovations incontournables dans chaque catégorie du Prix, les lauréats 2014 ont reçu des mains des membres du jury leur prix ainsi que la somme de 4000€ pour  récompenser leur recherche et leur article publié ou leur livre. Pour Hervé Baculard, Président de SYNTEC Conseil en Management, syndicat à l’origine de ce prix : « cette 7ème  édition est un succès ! Un évènement unique en Europe où se retrouvent praticiens de l’entreprise et recherche académique.  Nouveauté cette année : avec une démarche originale de co-working, nous avons réussi le pari de rapprocher consultants et chercheurs et faire naître des connexions entre les consultants  et chercheurs.»

Créer des liens entre les deux communautés : professionnels et académiques
Cette initiative a également pour but de renforcer les liens déjà existants entre la profession des consultants en management et le « monde académique » dans son ensemble, notamment en favorisant la diffusion de ces publications et en créant des contacts entre eux. Pour ce faire, en amont de la remise du prix, est organisée une présentation des articles par les chercheurs à l’attention des entreprises et des cabinets de conseil. Ces échanges permettent de donner des éclairages nouveaux aux travaux, d’enrichir la réflexion, de trouver de nouvelles pistes de recherche et de rassurer les chercheurs sur l’utilité de leurs travaux. « Cette année, les ateliers de co-working ont permis d’aller encore plus loin dans les échanges et de défricher de nouvelles pistes pour rendre leurs idées développées dans les articles, encore plus concrètes », souligne Pierre Gédalge, membre du jury professionnel.

Les 6 lauréats 2015
« Les délibérations 2015 ont été particulièrement intéressantes. Elles nous ont permis d’échanger nos différents points de vue divers et variés. De cet échange est né un certain nombre d’idées qui ont permis de voir comment des concepts assez théoriques pouvaient être utilisés par les consultants pour aider leurs clients, ce qui est vraiment l’idée de ce prix », commente Pierre Gédalge. Cette année « a été particulièrement fructueuse en ce qui concerne la qualité des recherches, c’est pourquoi le jury a décidé cette année de récompenser un 5ème article.  D’ailleurs,  le jury a eu presque une crise cardiaque puisqu’elle a eu 3 coups de cœur qu’il nous a fallu départager avec difficulté », renchérit André-Benoit de Jaegere, président du Jury professionnel.

  • Dans la catégorie : Finance &stratégie/ Politique de l’entreprise/ Gouvernance d’entreprise 
    José-Miguel GASPAR, ESSEC Business School, pour son article : « Fund managers under pressure: Rationale and determinants of secondary buyouts », publié dans Journal of Financial Economics 
    Cette recherche étudie l'impact des incitations de fonds de PE sur les décisions pour l’investissement et de sortie par l'intermédiaire d'un SBO. Elle emploie un échantillon de 9575 transactions de LBO auquel ont participé 957 acquéreurs différents et 8 658 sociétés cible dont le siège est aux États-Unis et dans 12 pays européens.Les résultats de l’étude indiquent que, toute chose étant égale par ailleurs, les fonds sous pression investissent plus souvent sous la forme de SBO. En outre, les fonds sous pression payent les SBO plus cher: une augmentation d'un point de l'index de pression à l'achat augmente le multiple d'achat (relativement aux transactions comparables de fusions & acquisitions) autour de 11%. On constate également que ces fonds sous pression utilisent moins de dette (en pourcentage du valeur de la transaction) et plus de capitaux propres dans les SBO. Cela semble suggérer que le but des fonds qui participent à ces transactions est de dépenser leur « poudre sèche » au lieu de maximiser la rentabilité de leurs LP.
  • Dans la catégorie : Marketing/ Sciences de la décision
    Stefan WORM, HEC Paris, pour son article: « Impact of component supplier branding on profitability », publié dans International Journal of Research in Marketing
    En tant que fournisseur B2B vendant des composants industriels à une autre entreprise de B2B (le constructeur, ou OEM), doit-on se préoccuper de la création d’une marque pour son offre et la promouvoir auprès des clients de vos clients – ou bien, est-il préférable de conserver les stratégies commerciales classiques et d’établir des relations directes avec les OEM ? Si les marques « ingrédient » contribuent à créer un effet de « pull » pour les entreprises telles qu’Intel, Gore-Tex et Shimano dans l’environnement B2C, pour utiliser les exemples les plus fréquemment cités, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas pour les composants industriels sur les marchés B2B ? L’étude montre que La création d’une marque restant un projet coûteux, ceci même dans les contextes du B2B, il est donc important d’évaluer objectivement ces facteurs sur son marché avant de consacrer des sommes importantes à des marques qui ne vont pas augmenter la valeur de l’entreprise. La croyance répandue selon laquelle, à une époque où la commoditisation des environnements B2B augmente, le branding devient plus important, semble vaine. De façon similaire, les marques de composant semblent ne pas aider les fournisseurs à mieux gérer le risque d’une proximité augmentée des relations OEM-client final. Dans ces cas, il est plus indiqué de conserver l’attitude plus classique visant à consacrer son budget à ses relations client avec les OEM.
  • Dans la catégorie : Opérations, gestion, contrôle/ Systèmes d’information & technologies
    SHIRISH C.SRIVASTAVA, HEC Paris, pour son article: « Bridging The Service Divide Through Digitally Enabled Service Innovations: Evidence From Indian Healthcare Service Providers », publié dans MIS Quarterly
    La lutte contre la fracture numérique est généralement envisagée dans une « logique de moyens » et s’attache à fournir des équipements aux populations défavorisées, de façon à développer leurs compétences numériques et leur donner accès aux services basés sur les technologies de l’information. Cette recherche défend l’idée que la lutte contre la fracture numérique (digital divide) doit s’ancrer prioritairement dans une « logique de services », en particulier dans les pays en voie de développement qui souffrent d’un accès très inégalitaire aux services sociaux de base comme l’éducation ou la santé. Dans ces pays, réduire l’inégalité d’accès aux services sociaux (service divide) est ainsi l’enjeu majeur du développement numérique. L’étude démontre que les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent avoir un impact très significatif sur la réduction des inégalités en favorisant l’accès des plus pauvres aux services sociaux, à condition de surmonter un ensemble de difficultés que nous analysons sur un plan à la fois pratique et théorique dans cet article.
  • Dans la catégorie : Management/ Ressources Humaines/ Organisation
    Joël BOTHELLO, ESSEC Business School, pour son article:« Limited liability and its moral hazard implications: the systemic inscription of instability in contemporary capitalism», publié dans Theory and Society
    A la lumière de l’intensité accrue des crises économiques dans la seconde moitié du siècle dernier, l’un des débats récurrents porte sur le rôle de « l’aléa moral ». L’ « aléa moral » fait référence au comportement opportuniste d’organisations ou d’individus destiné à recueillir les avantages de comportements risqués, sans en assumer les coûts associés. L’étude suggère que ce comportement n’est pas le simple reflet de standards moraux individuels inappropriés ni de contingences d’une période particulière et propose au contraire que l’aléa moral est profondément inscrit dans le capitalisme moderne, notamment à travers la large diffusion de la responsabilité limitée. L’étude propose donc qu’une source importante d’aléas moraux dans le capitalisme contemporain a été jusqu’alors essentiellement négligée. A travers le mécanisme de responsabilité limitée, les managers ainsi que les actionnaires, investisseurs et banquiers ont été structurellement protégés des coûts de leurs comportements et décisions risqués. La protection systématique est maintenant profondément ancrée et institutionnalisée dans le capitalisme contemporain, notamment (mais pas seulement) dans le secteur financier.
  • Dans la catégorie : Meilleur Ouvrage de Recherche Appliquée en Management
    Jean-Philippe DENIS, Université Paris Ouest Nanterre la Défense, pour son livre « Introduction au hip-hop management », publié chez EMS
    Voilà les trois mots importants que l'on a à apprendre du Hip-Hop : le calcul, le mimétisme, l'exemplarité. Parce que ce qu'enseigne le Hip-Hop, comme avant lui le blues, c'est que les temps ont toujours été durs pour les petits. Et que leur seule force – mais ô combien puissante – a toujours été celle-là : capuche sur la tête pour résister aux intempéries du dehors, dans les terrains vagues du réel comme dans les cages d'escalier, ne rien attendre ; apprendre petit à petit à croire en soi et en les siens ; et puis s'organiser avec pour seule obsession, de proche en proche, la conquête du monde.
  • Le coup de cœur du Jury
    Sybille PERSSON, ICN Business School, pour son article : « A Theory of Strategy – Learning From China - From walking to sailing », publié dans M@n@gement Fille de la guerre, de Sun Tsu à Clausewitz, en passant par Machiavel, la stratégie constitue le fer de lance de la recherche et du conseil en management alors que, paradoxalement, elle est une discipline moins concrète que d’autres (Finance, RH, Marketing…) tout en empruntant à toutes. L’objectif conceptuel poursuivi dans cet article bouscule les modes en usage pour penser la stratégie dans la recherche, le conseil et la formation en management en faisant un détour par la pensée chinoise traditionnelle. La démarche est conduite en trois étapes clés comme le suggère le titre de l’article: A theory of strategy - Learning from China - From walking to sailing.