Appels à communication

Fair Wages

Date limite de soumission : 15/02/2024

Le colloque « Salaire équitable, une mise en oeuvre réalisable ? » se tiendra les 16 et 17 mai 2024 à l’Institut catholique de Paris (ICP). Il est organisé par la Faculté de Sciences Sociales, d’Économie de Droit (FASSED) et la Faculté des Lettres (FDL) de l’Institut Catholique de Paris, l’Université d’Artois et l’Université de Timisoara (Roumanie).

Ce projet s’insère dans le cadre d’une série de colloques (France, Maroc, Uruguay, Russie, Roumanie, Pays-Bas, Malaisie, Etats-Unis, Japon etc.) réalisés par un réseau international de recherche, fondé en 2015 et comptant une quarantaine d’enseignants-chercheurs (dans une vingtaine de pays), que nous avons baptisé WAGE pour Wage Analysis in a Globalising Environment.

Notre travail porte sur l’évolution des salaires dans le monde depuis 1950 et leurlien avec la globalisation (accroissement ou non des inégalités ?). Nous publions en 2024 un ouvrage général sur Wages and Globalisation, first Results, nourri par les communications aux sessions 2015, 2018 et 2022 du World Economic History Congress et dans un timing similaire un autre ouvrage sur African Wages since 1960.

Les salaires sont importants et forment 40% du PIB mondial. Dans les pays avancés, ils représentent 50% du PIB, les 2/3 de la valeur ajoutée des entreprises et à peu près autant du revenu primaire brut des ménages. Ils évoluent à la hausse avec le développement économique et sur la planète, le nombre de salariés augmente et témoigne de l’institutionnalisation progressive du marché du travail. Dans le choix d’un métier pour les jeunes, le salaire représente un des éléments de la décision, même si celle-ci tient compte d’autres composantes comme l’offre régionale de formation, les habitudes culturelles de la famille, les conditions de travail etc.

Les salaires, qui concernent 80 à 90% des actifs dans les pays avancés et 30 à 40% de ceux des pays émergents, sont très diversifiés et généralement organisés en grilles salariales officielles établies ou implicites avec de nombreuses classifications en fonction de la qualification, de l’ancienneté et des responsabilités ; il est généralement admis que les ingénieurs, par exemple sont mieux payés que les travailleurs non qualifiés. Cependant, cette dispersion est de plus en plus remise en question : entre les déciles supérieurs et inférieurs (D9/D1) ou les centiles (C99 / C10), entre juniors et seniors, et surtout entre hommes et femmes (écart de 5% à 35% selon les pays).

Bien qu’une grande partie des écarts puisse s’expliquer par des différences de qualification, de postes ou de durée du travail, cette diversité interroge le monde intellectuel et la société depuis le XIXème siècle et la révolution industrielle (Ricardo, Marx) ainsi que le public contemporain dans ses rapports avec l’égalité. S’agit-il d’une dispersion statistique avec des biais classiques et identifiables ou de véritables disparités et inégalités ? Le traitement et l’évaluation de ce sujet ne sont pas neutres et peuvent orienter les sociétés vers l’insatisfaction turbulente en cas d’aggravation inégalitaire ou préparer le terrain à un certain apaisement social dans le cas d’une politique de remédiation salariale.

Un système de rémunération équitable peut-il être à la fois une solution au sentiment d’inégalité salariale qui semble augmenter, et à une croissance plus équilibrée ? Un salaire équitable serait un salaire qui satisferait à la fois quatre exigences : la justice sociale et l’équité, la performance économique et la productivité, l’accord des parties concernées (employeur, salariés, syndicat et pouvoirs publics) et un niveau de vie décent. Affecté à un salarié, il doit pouvoir s’appliquer à tous les salariés dans la même situation. Le salaire équitable n’exclut pas la hiérarchie des salaires en relation avec les qualifications et les responsabilités.

Dans ce cas, les salaires équitables sont diversifiés : un salaire minimum pour le manoeuvre, un salaire moyen pour un travailleur qualifié ou un salaire plafond pour un manager supérieur. Le problème du juste salaire concerne plus un système de rémunération équitable qu’un salaire pris isolément et nécessite une prise en compte du salaire monétaire autant que du package salarial.

Historiquement depuis les années 1950, on peut citer les entreprises qui ont pratiqué une politique sociale dynamique destinée à soutenir les salaires directs (Renault, Siemens, Michelin, IKEA, Unilever, Astra), des États qui ont cherché à opérer la redistribution par la fiscalité ou les dépenses publiques dans des situations d’écart salarial potentiel important (pays scandinaves, Canada) ou des régimes politiques qui se sont efforcés de réduire fortement la grille salariale (économies socialistes 1917-1991) avec des effets collatéraux assez négatifs.

Depuis les années 2000, une demande générale d’équité (commerce, travail, produits) s’est répandue dans l’opinion citoyenne et les réseaux d’acteurs promouvant le travail et le juste salaire se sont développés.

Le développement rapide des pays émergents, avec la Chine en tête, soulève des questions sur ce sujet dans une perspective globale. Quelle est l’importance historique de ces systèmes, leur impact et peut-on dresser une forme de bilan ? Ou s’agit-il de situations très spécifiques, difficiles à reproduire et à transposer ?

Parmi les très nombreux aspects qui pourraient être étudiés, nous retiendrons principalement quatre axes, chacun offrant matière à une demi-journée de réflexion.

  • Les théories et les représentations du salaire équitable et du juste salaire
  • La hiérarchisation/différenciation des salaires (grilles, échelon, écarts interdéciles, junior-senior, femmes-hommes, par secteur etc.)
  • Les pratiques d’entreprises de salaire équitable, marché social du travail européen
  • Les politiques publiques d’équité salariale : salaire minimum ? écart d’âge et de sexe ? amélioration de l’éducation et de la formation ?

Cette conférence se veut résolument multidisciplinaire. Les propositions d’économistes, d’historiens, de sociologues, de politologues et de philosophes sont les bienvenues.

 

FRAIS D’INSCRIPTION : 100 euros (gratuit pour les doctorants).

Notre budget est limité : chaque intervenant doit essayer de financer son trajet et son hébergement avec l’aide de son laboratoire ou établissement de recherche. Nous prendrons en charge les repas et rafraichissements sur place. Si des fonds restent disponibles, nous essayerons de rembourser une partie des déplacements. L’utilisation de la vidéo devrait donner la possibilité d’effectuer leur communication à distance sans avoir à engager les frais de déplacement.

 

LIEU

La conférence aura lieu sur le campus des Carmes de l’Université Catholique de Paris, 74 rue de Vaugirard, 75006 Paris, France.

 

COMITÉ D’ORGANISATION

Michel-Pierre Chelini, Histoire économique, Université d’Artois, Arras, France

Nil Favier, Histoire, Pas-de-Calais, France

Christine Noël-Lemaître, Philosophie, Université d’Aix-Marseille, France

Ciprian Panzaru, Sociologie, Université de Timisoara, Roumanie

Muriel Perisse, Économie, Université d’Artois, Arras, France

Pierre-Hernan Rojas, Économie, Institut Catholique de Paris, France

 

PUBLICATION D’OUVRAGE

Le but est ensuite de publier un ouvrage sur le sujet avec les principales communications dans un délai raisonnable (2025-2026), la préparation finalisée de vos textes peut faire gagner du temps à tous si elle est précoce. Il faudrait pour le colloque lui-même prévoir une version assez développée de votre propos.

Contact :

Les chercheurs intéressés doivent adresser une courte synthèse (400 à 600 mots) de leur projet de communication en français ou en anglais, avec 3 mots clés, accompagné d’un court CV, avant le 15 février 2024 aux adresses mails suivantes : mpierre.chelini@univ-artois.fr, muriel.perisse@univ-artois.fr, ciprian.panzaru@e-uvt.ro, ph.rojas@icp.fr, christine.lemaitre@univ-amu.fr

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